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Rencontre des acteurs ivoiriens au Yelam’s : échanges, convivialité… et nécessité de structuration.
Le Yelam’s a récemment accueilli une rencontre exceptionnelle réunissant plusieurs acteurs ivoiriens de premier plan, offrant un moment rare de partage entre professionnels et passionnés du cinéma. L’événement a permis de découvrir non seulement les visages connus du grand écran, mais aussi la richesse des échanges autour des métiers et des défis de l’industrie audiovisuelle en Côte d’Ivoire.
La rencontre a débuté dans une ambiance chaleureuse, où chacun a eu l’occasion de se présenter, d’évoquer son parcours et de partager ses expériences. Au-delà de la simple rencontre, il s’agissait d’un véritable forum de réflexion sur la pratique artistique, le développement du cinéma ivoirien et la nécessité de créer des œuvres capables de toucher le public tout en explorant des thématiques locales fortes.
Cependant, il est impossible de passer sous silence un point crucial : la désorganisation qui règne au sein de la corporation des acteurs. Trop de clans, trop d’associations, trop peu d’union. Cela crée des tensions inutiles et affaiblit la profession. Lors de précédentes rencontres entre Côte d’Ivoire Cinéma (ex ONA-CI) et les acteurs ivoiriens, il avait été demandé aux acteurs eux-mêmes de se réunir, de se mettre d’accord sur un barème clair pour les cachets, puis de revenir vers Côte d’Ivoire Cinéma pour observation et appréciation. Aujourd’hui, rien de concret n’a été réalisé, et cette absence de suivi continue de fragiliser la profession.
Cette absence de structuration a des conséquences directes sur la rémunération et le fonctionnement global.
Un autre problème Les producteurs locaux, souvent inexpérimentés professionnellement, négocient mal les cachets et les droits avec les acheteurs potentiels — télévisions, salles de cinéma ou plateformes de diffusion. Même lorsque les projets rencontrent un certain succès, les acteurs sont mal payés, et les budgets restent insuffisants pour valoriser correctement le travail artistique.
Au cours de la rencontre au Yelam’s, les participants ont évoqué la création d’un syndicat national des acteurs. C’est une initiative qui peut avoir du sens, mais il faut garder à l’esprit une priorité absolue : la structuration avant tout. Les nombreuses associations et clans actuels ne servent pas la profession si elles restent cloisonnées ou inefficaces. Avant de créer de nouveaux organismes, il est essentiel que les acteurs apprennent à s’organiser collectivement, à s’imposer des règles communes et à défendre leurs droits de manière cohérente et professionnelle.
Malgré ces constats, la rencontre a été un moment de convivialité et de réflexion précieux. Elle a permis aux acteurs de se parler, de partager leurs expériences, et d’envisager des solutions pour améliorer la pratique du métier. Mais elle rappelle surtout que le cinéma ivoirien ne pourra véritablement progresser que si sa corporation se structure et fonctionne de manière unie et responsable.
Ibrahim Soma
Critique cinéma pour Ciném’Afrique

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