Biographie
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Naissance :
- Anniversaire: 1941-12-23
- Lieu de naissance: Forécariah, Guinea
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Nécrologie :
2006-04-18
Henri Duparc
Henri Duparc (1941-2006) était un cinéaste ivoiro-guinéen, célèbre pour être le maître de la comédie africaine. Il a dépeint les sociétés post-indépendance avec un mélange unique d'humour, d'ironie et de tendresse.
Formation et Débuts:
Grand admirateur de Federico Fellini, Duparc a suivi une formation cinématographique à Belgrade (ex-Yougoslavie) en 1962, puis à l'IDHEC (aujourd'hui La Fémis) à Paris de 1964 à 1966. En 1968, il a joué dans Concerto pour un exil de Désiré Ecaré, un film qui résonne avec sa propre expérience et celle de nombreux Africains de sa génération, illustrant les défis rencontrés par les jeunes diplômés de retour au pays.
En 1967, il s'installe en Côte d'Ivoire, qui deviendra sa patrie d'adoption, sa source d'inspiration et le cadre de ses films. Il y débute comme réalisateur pour la SIC (Société Ivoirienne de Cinéma).
Premières Réalisations et Reconnaissance:
Son premier moyen métrage, Mouna ou le rêve d'un artiste, réalisé en octobre 1969, a ouvert la 2e édition du FESPACO en 1971. En 1972, Abusuan (ou La famille), faisant écho à Concerto pour un exil, explore les défis des jeunes diplômés africains rentrant d'Europe. Ce film a remporté le Prix de l'OCAM et une mention spéciale de l'Office International du Cinéma en 1973, et a été présenté à la Semaine de la Critique Internationale au Festival de Cannes.
En 1977, Duparc aborde la complexité de l'équilibre entre vie professionnelle et conjugale dans L'Herbe sauvage, explorant l'adultère et la jalousie au sein de la société post-coloniale.
Focale 13 et Succès Populaires:
Après la dissolution de la SIC, il fonde sa propre structure en 1983, Focale 13 (aujourd'hui Les films Henri Duparc), pour produire ses propres films et ceux d'autres réalisateurs. Son désir de rendre le cinéma africain accessible aux Africains l'a même poussé à ouvrir le cinéma Le Pharaon à Abidjan.
En 1986, Duparc se lance dans la production télévisuelle avec Aya, le premier feuilleton africain pour enfants. Fort de ce succès, il tourne sur fonds propres Bal Poussière, un scénario d'étudiant qui deviendra son plus grand triomphe. Cette comédie sur un riche cultivateur polygame et ses tentatives d'épouser une sixième femme a généré 300 000 entrées en France, propulsant Duparc sur la scène internationale.
Ses films suivants, comme Le Sixième Doigt (1990), une chronique sociale pleine d'humour sur une tradition menaçante, et Rue Princesse (1993), qui dépeint un quartier chaud d'Abidjan (et dont le succès a conduit à la réhabilitation du nom de la rue dans la réalité), ont confirmé son talent et sa popularité.
Défis et Projets Finaux:
Face aux difficultés économiques qui ont entraîné la fermeture de son cinéma, Le Pharaon, et la diminution des financements, Duparc continue de créer. En 1997, il réalise Une couleur café, une coproduction avec le Centre cinématographique marocain, abordant la polygamie transfrontalière.
À l'approche des élections présidentielles ivoiriennes en 1999, Focale 13 réalise une campagne de sensibilisation civique pour l'Union Européenne, qui donnera naissance au film Je m'appelle Fargass. Il réalise ensuite le documentaire Laurent Gbagbo, la force d'un destin (2002-2003), retraçant le parcours de l'opposant politique devenu président.
Entre 2001 et 2003, il produit des documentaires et séries, notamment Les aventures de Moussa le taximan, abordant des sujets de santé publique avec humour. Son dernier film, Caramel (2004), considéré comme son testament et abordant le thème des amours maudites, a rencontré un succès comparable à celui de Bal Poussière.
Henri Duparc est décédé en 2006, emporté par la maladie, laissant inachevé le projet d'adaptation de la pièce de Feydeau, La puce africaine.
Filmographie:
1968 : Carnet de voyage
1968 : Profil ivoirien
1969 : Tam-tam ivoire
1969 : Mouna ou le rêve d'un artiste
1970 : Récolte du Coton
1971 : Dix ans
1972 : Abusuan (long métrage, prix de l’OCAM et mention spéciale lors du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou en 1973)
1973 : Les racines de la vie (Court-métrage)
1977 : L'Herbe sauvage (long métrage, primé aux Journées cinématographiques de Carthage)
1986 : Aya
1988 : Bal Poussière avec Bakary Bamba, Naky Sy Savane (long métrage, primé au Festival du film de Fort-de-France en 1988 et au Festival du Film d'humour de Chamrousse en 1989)
1990 : Le Sixième Doigt avec Patrick Chesnais, Jean Carmet, Bakary Bamba, Naky Sy Savane
1992 : Joli Cœur
1994 : Rue Princesse avec Félicité Wouassi
1997 : Une couleur café
2001 : Houria, série 5x5 minutes
2004 : Caramel
2006 : Laurent Gbagbo, la force d'un destin, documentaire-entretien
